Quand l’excellence s’exile (Par Ibrahima Diallo)

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Il est des paradoxes qui en disent long sur l’état de nos systèmes éducatifs. Comment comprendre qu’un élève guinéen puisse remporter un concours international de dictée, et pourtant rester dans l’ombre sur le plan national, toutes disciplines confondues ? Ce paradoxe n’est pas anecdotique. Il est révélateur d’un dysfonctionnement plus profond.

Car la langue n’est pas une matière parmi d’autres : elle est la matrice même de l’apprentissage. Comment peut-on espérer exceller en mathématiques, en physique ou en biologie, si l’on ne maîtrise pas la langue dans laquelle ces savoirs sont transmis ? Un élève faible en langue n’aura pas les outils nécessaires pour décoder les concepts, comprendre les consignes ou structurer sa pensée.

En Guinée comme au Sénégal, en Côte d’Ivoire comme ailleurs en Afrique francophone, des élèves brillants peinent à être reconnus à leur juste valeur. Et pourtant, ces mêmes élèves s’illustrent dès qu’ils quittent leur environnement scolaire local. C’est à croire qu’il faut partir pour exister, ou briller à l’étranger pour être entendu chez soi.

Il faut s’interroger sur les critères d’évaluation, sur l’objectivité des examens, sur la qualité de l’encadrement et sur les inégalités d’accès aux ressources. Mais il faut aussi et surtout réconcilier l’école avec le mérite. Car si le talent doit s’exiler pour s’épanouir, c’est toute une nation qui perd.

Derrière chaque élève ignoré se cache un avenir étouffé. Il est temps de regarder en face les biais systémiques qui freinent notre jeunesse. Elle n’est pas moins douée que les autres. Elle est souvent juste moins bien considérée.

Par Ibrahima Diallo

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