L’héritage de Sékou Touré face au chaos sahélien : Une lucidité retrouvée ?

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Parlant de géopolitique et de la situation socio-politique post-indépendance, une question mérite d’être posée avec sérieux : que se passe-t-il réellement aujourd’hui en Afrique de l’Ouest, et la Guinée n’avait-elle pas, dès le départ, choisi une voie plus lucide qu’on ne veut bien l’admettre ?

À l’heure où le Mali s’enfonce dans une crise sécuritaire profonde, où des portions entières du territoire échappent à l’État au profit de groupes armés liés notamment à Al-Qaïda, avec des figures comme Amadou Koufa, et où la question de l’Azawad redevient centrale, il est difficile de ne pas s’interroger.

À côté, le Burkina Faso fait face à une situation similaire, avec une souveraineté territoriale fragilisée.

Même le Sénégal, longtemps présenté comme un modèle de stabilité, traverse aujourd’hui une phase de tensions politiques, dans une configuration inédite entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Une situation que l’on pourrait qualifier de “ni guerre ni paix”, faite de secousses latentes.

Dans ce contexte, la position historique de la Guinée interpelle.

Et si le choix du non-alignement porté par Ahmed Sékou Touré et ses compagnons avait été, malgré toutes ses zones d’ombre, une intuition stratégique majeure ?

Aujourd’hui, la Guinée entretient des relations avec toutes les grandes puissances — France, États-Unis, Russie, Chine — sans être officiellement enfermée dans une dépendance exclusive.

Ce qui apparaissait hier comme une posture idéologique pourrait aujourd’hui ressembler à une forme d’intelligence stratégique : ne pas dépendre d’un seul partenaire, mais exister dans un jeu d’équilibres.

Dès lors, une autre interrogation surgit :

La Guinée ne se trouve-t-elle pas, aujourd’hui, dans une position unique lui permettant de tirer son épingle du jeu ?

Mais cette opportunité comporte une exigence.

Car si l’histoire récente de la région nous enseigne quelque chose, c’est que les États qui se fragilisent de l’intérieur deviennent vulnérables de l’extérieur.

Alors, une évidence s’impose :

Et si le véritable défi n’était pas seulement géopolitique, mais profondément national ?

Mettre de côté les querelles intestines, rappeler les exilés, reconstruire une unité vraie. En lieu place d’une farce institutionnelle, mais une inclusion enracinée dans la confiance, pourrait constituer le véritable tournant.

Car un pays divisé offre toujours des prises aux influences extérieures.
Un pays uni, lui, impose le respect.

Et si, finalement, l’avenir de la Guinée ne dépendait pas d’un alignement…
mais d’un sursaut intérieur ?
Le débat est ouvert.

Ibrahima Bodhewel

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