Les chroniques de NeRa : Ibrahima Fall, l’ambassadeur du café Touba à Casablanca
Dans les rues agitées de Casablanca, une odeur inhabituelle intrigue les passants. Ce parfum de café torréfié relevé de clou de girofle n’est autre que celui du café Touba, boisson sénégalaise devenue symbole d’identité et de partage. Celui qui la fait découvrir aux Casablancais s’appelle Ibrahima Fall, un jeune Sénégalais originaire de Yeumbeul, banlieue populaire de Dakar.
Thermos dans une main, gobelets dans l’autre, Ibrahima sillonne chaque jour la ville avec la même énergie. Son allure attire immédiatement l’œil : vêtu d’un diakhass ample et coloré, la tête ceinte d’un tinguadé, foulard traditionnel, il se distingue dans le décor urbain. Sa démarche dégage autant de fierté que de simplicité.
Arrivé au Maroc il y a quelques années, le jeune homme avait un rêve : trouver une place dans une grande ville et construire un avenir meilleur. Ses débuts furent modestes : un thermos prêté, quelques clients sénégalais nostalgiques de leur boisson nationale et beaucoup de détermination. Très vite, le cercle s’est élargi. Aujourd’hui, chauffeurs de taxi, ouvriers, étudiants mais aussi cadres pressés s’arrêtent pour savourer son café.
« Quand je sers un café, ce n’est pas seulement une boisson. C’est un peu de mon pays que je partage », confie-t-il. Une phrase qui résume bien son rôle : celui d’un passeur de culture.
À travers son activité, Ibrahima incarne bien plus qu’un vendeur ambulant. Il est un visage familier des quartiers casablancais, un repère pour certains, une curiosité pour d’autres. Dans chaque gorgée de café Touba, il transmet une histoire : celle de Yeumbeul, de la confrérie mouride, et de la diaspora sénégalaise qui recrée ses repères loin de chez elle.
Son parcours raconte aussi une autre réalité : celle de milliers de jeunes Africains qui, en quittant leur pays, réinventent leur vie à force de courage et d’authenticité. Pour la diaspora sénégalaise, il est une fierté. Pour les Casablancais, il est devenu une figure singulière, synonyme de chaleur et de convivialité.
Dans le brouhaha de Casablanca, la silhouette d’Ibrahima Fall rappelle qu’un simple thermos peut porter tout un héritage.
SUR LE MEME SUJET
PASTEF-Diomaye : les premiers signes d’une fracture
Depuis leur arrivée au pouvoir en avril 2024, des tensions significatives marquées par des tensions significatives sont apparues au sommet...
Exclusion, mépris et deux poids, deux mesures : le cri de cœur d’une cadre de PASTEF
Dans une déclaration qui secute les sphères militantes, Ndeye Sokhna Ndoye, Coordinatrice Adjointe de PASTEF à Pikine Darou, pousse un...
Sénégal : et si la loi controversée était finalement promulguée ? (Par Ibrahima Diallo)
Au Sénégal, l’attente autour de la loi controversée examinée ces derniers jours continue d’alimenter les spéculations politiques et juridiques. Alors...
Awalé à Kaolack : cap sur l’unité et l’implantation de proximité
Le nouveau délégué communal du parti Awalé à Kaolack, Fallilou Diabaye, a lancé un appel à l’unité et à la...
Elections locales et présidentielle : Ousmane Sonko réunit son état major chee lui à CKG
Ils étaient juste tard dans la nuit du vendredi au samedi chez leur leader du Pastef Ousmane Sonko à la...
Cité Keur Gorgui : El Malick Ndiaye dévoile les coulisses de la réunion de l’État-major de PASTEF chez Ousmane Sonko
La Cité Keur Gorgui a presque replongé dans l’atmosphère des années 2021-2024 le temps d’une réunion de l’État-major de Pastef...
Average Rating