FONDS POLITIQUES : LE DÉCRET ANRAC NE DIT PAS CE QUE SONKO LUI FAIT DIRE (Par  Moustapha Amar)

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Sur la question des fonds politiques de la Primature, il faut revenir aux faits et aux textes. Et lorsqu’on confronte certaines affirmations d’Ousmane Sonko au décret n°2004-822 du 1er juillet 2004, la contradiction est manifeste.

Ce décret concerne l’ANRAC, l’Agence nationale pour la Relance des Activités économiques et sociales en Casamance. Il définit son organisation, ses missions, ses ressources et son fonctionnement. Il précise également que l’agence est placée sous l’autorité du Premier ministre.

Mais ce décret ne crée aucun fonds politique au profit du Premier ministre. Il ne lui attribue aucun montant de 1,77 milliard FCFA et ne dit nulle part que les ressources de l’ANRAC constituent des fonds politiques.

Présenter ce décret comme la justification juridique des fonds politiques de la Primature, c’est donc lui faire dire ce qu’il ne dit pas.

Et c’est là que le problème politique devient sérieux.

Ousmane Sonko s’est construit une image autour de la transparence et de la dénonciation des pratiques de l’ancien système. Aujourd’hui, lorsqu’il est lui-même interrogé sur les moyens financiers dont il a disposé à la Primature, les Sénégalais sont en droit d’exiger autre chose qu’une interprétation approximative d’un décret datant de 2004.

Si les 1,77 milliard FCFA étaient légalement des fonds politiques du Premier ministre, qu’on nous montre simplement la ligne budgétaire, son intitulé exact et le texte qui autorise leur mise à disposition.

Le décret ANRAC ne constitue pas cette preuve.

On peut donc légitimement parler d’une contre-vérité si l’on affirme que ce décret attribue des fonds politiques au Premier ministre. Les textes sont accessibles : chacun peut les lire et constater ce qu’ils disent réellement.

La transparence ne peut pas être une exigence lorsqu’on est dans l’opposition et devenir une interprétation à géométrie variable lorsqu’on exerce le pouvoir.

Les Sénégalais méritent la vérité, documents à l’appui.

Un décret sur l’ANRAC n’est pas un décret sur les fonds politiques. Les faits sont têtus.

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