Fatick- Urgence sanitaire à Bambougar Malick Ndiaye : plus de 2 130 vies exposées

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À Bambougar Malick Ndiaye, dans la commune de Diossong (département de Foundiougne), l’accès aux soins ne relève plus d’un simple défi logistique, mais d’une question de droit fondamental. Dans cette localité enclavée du département de Fatick, plus de 2 130 habitants vivent quotidiennement sous la menace d’un système de santé de proximité défaillant, aggravé par une isolation routière persistante.
Réunies ce jeudi lors d’un point de presse, les populations, arborant des brassards rouges, ont posé un diagnostic sans détour : l’actuelle case de santé ne répond plus aux besoins d’un bassin de population en constante croissance. Leur plaidoyer vise l’érection immédiate de cette structure en poste de santé fonctionnel, doté de personnel qualifié, d’équipements adaptés et d’un minimum de capacité de prise en charge des urgences.
Bambougar Malick Ndiaye (776 habitants) polarise à lui seul plusieurs villages environnants – Bambougar Massamba (522 habitants), Bambougar Elhadji (480 habitants) et Bambougar Malick Diouf (350 habitants). Cette réalité démographique contraste avec la faiblesse de l’offre sanitaire disponible, rendant toute politique de prévention ou de suivi médical quasi inexistante.
« Ici, tomber malade, c’est souvent prendre le risque de ne jamais atteindre un centre de santé à temps », témoigne Yaya Konté, responsable des jeunes du village et acteur engagé du développement communautaire. Les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées figurent parmi les premières victimes de cette situation, où l’absence de suivi médical transforme des pathologies courantes en urgences vitales.
L’état de la route reliant Bambougar Malick Ndiaye au reste de la commune constitue un facteur aggravant majeur. En saison des pluies, l’axe devient presque impraticable, compromettant gravement les évacuations sanitaires. Cette contrainte structurelle met en lumière une corrélation directe entre déficit d’infrastructures et mortalité évitable, dans une zone pourtant rattachée à un district sanitaire officiellement fonctionnel.
Au-delà des infrastructures, les populations pointent également du doigt la gouvernance sanitaire locale. Elles dénoncent l’attitude du médecin-chef du district de Passy, qu’elles accusent de ne pas avoir fidèlement relayé l’état réel de la case de santé lors de sa visite dans le village l’année précédente. Un manquement perçu comme symptomatique d’un dysfonctionnement plus large dans la chaîne de responsabilité administrative.
Face à ce qu’elles qualifient d’injustice territoriale, les communautés interpellent directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin que des mesures correctives soient prises. Pour ces habitants, l’enjeu dépasse la construction d’une infrastructure : il s’agit de garantir l’égalité d’accès aux services sociaux de base et de restaurer la confiance entre l’État et les territoires périphériques.
À Bambougar Malick Ndiaye, l’urgence sanitaire n’est plus une hypothèse. Elle s’impose comme une réalité quotidienne, posant avec acuité la question de l’effectivité du droit à la santé dans les zones rurales enclavées du Sénégal.

Auteur: Nouha Biaye

Publié : le 30 janvier 2026

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