Bougar Garmi Diouf charge le FMI : “La diplomatie financière en berne”

Read Time:2 Minute, 28 Second

Le président de l’Union des Panafricanistes du Sénégal accuse le Fonds monétaire international de complaisance et exige la transparence totale sur la dette cachée du pays.

L’opposant sénégalais Bougar Garmi Diouf, président de l’Union des Panafricanistes du Sénégal (UPS), a vivement interpellé le Fonds monétaire international (FMI) à propos des récentes révélations sur les dettes cachées du Sénégal. Dans une déclaration rendue publique, il dénonce une attitude « dilatoire » et une « diplomatie financière en berne » de la part de l’institution de Bretton Woods.

Du doute envers le gouvernement à la mise en cause du FMI

Longtemps sceptique à l’égard du rapport gouvernemental sur la dette publique, Bougar Diouf s’était opposé à la version officielle validée par la Cour des comptes et le cabinet Forvis/Mazars, lesquels avaient révélé une réévaluation spectaculaire du stock de la dette nationale.

D’après ces analyses, le ratio dette/PIB serait passé de 74,4 % à 111 % fin 2023, puis 118,8 % fin 2024, en raison de la découverte de dettes non déclarées estimées entre 7 et 13 milliards de dollars.

Mais alors que le FMI a confirmé l’existence de ces engagements financiers, Bougar Diouf reproche désormais à sa directrice générale, Kristalina Georgieva, de ne pas avoir rendu publiques les informations détaillées sur ces dettes.

Selon lui, cette retenue va à l’encontre du mandat de transparence du Fonds.

> « Le rôle du FMI ne peut être celui d’un acteur complaisant, mais bien d’un garant de la vérité financière et de la bonne gouvernance », a-t-il déclaré.

Des exigences claires et une mise en garde politique

Dans son communiqué, l’UPS formule plusieurs revendications :

La publication intégrale du rapport de réconciliation Forvis/Mazars ;

Une communication officielle du ministère des Finances sur l’origine, les montants et les signataires de ces dettes ;

L’ouverture d’une enquête indépendante pour situer les responsabilités ;

Et l’engagement du FMI à rendre publiques toutes les informations dont il dispose.

L’opposant estime que sans ces clarifications, toute relance économique ou tout partenariat international du Sénégal serait « hasardeux ».

Il avertit : « La transparence financière n’est pas un luxe, mais une exigence démocratique. Le peuple sénégalais a droit à la vérité, à la rigueur et à la justice financière. »

Un repositionnement politique assumé

Cette sortie marque un tournant discursif pour Bougar Garmi Diouf.

Lui qui contestait la version officielle du gouvernement, puis la validation de la justice sénégalaise, s’en prend désormais directement au FMI, qu’il accuse d’entretenir le flou.

Sans l’affirmer explicitement, ses propos laissent entendre une critique implicite de la sincérité de la directrice du FMI.

Pour plusieurs observateurs, cette nouvelle posture s’inscrit dans une stratégie plus large de rupture avec la diplomatie économique traditionnelle et de défense d’une souveraineté financière africaine.

Un message politique clair dans un contexte où la dette et la gouvernance économique restent au cœur du débat public au Sénégal.

Par Baye thierno ka

 

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous post Thiaroye, la vérité en marche
Next post Coupe du monde 2026 : les 9 qualifiés et les 4 barragistes de la zone Afrique sont connus