À Mbao, la parole comme clairière : quand Pape Ousseynou Pouye fait entendre la fatigue des quartiers et l’espérance des homme

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Il est des interventions qui ne relèvent plus du simple commentaire politique, mais qui s’apparentent à une respiration collective, une mise en mots de ce que les populations murmurent depuis trop longtemps. Sur le micro de TFM, Pape Ousseynou Pouye n’a pas seulement parlé : il a déposé, avec une gravité calme, les douleurs anciennes et les espérances neuves de Mbao.

L’hivernage comme épreuve : ZAC Mbao et Keur Mbaye Fall, territoires de patience et de lassitude

Dans sa voix, on entendait le ruissellement des eaux stagnantes, les nuits sans sommeil, les pas hésitants dans les ruelles noyées. Il a évoqué ZAC Mbao et Keur Mbaye Fall comme on parle de proches épuisés : des quartiers qui, chaque hivernage, se transforment en archipels de détresse.

Il n’a accusé personne, mais il a rappelé, avec une douceur ferme, que « même si la municipalité ne peut pas tout faire, elle peut au moins tenter de soulager». Une phrase simple, mais qui résonne comme un verdict moral.

Lumière, routes, rivage : les trois blessures silencieuses de Mbao

Puis il a parlé de l’éclairage public, non comme d’un équipement, mais comme d’un droit à la visibilité, un droit à marcher sans crainte, un droit à exister dans la lumière.

Il a évoqué les voiries, non comme des infrastructures, mais comme des veines urbaines, des chemins de dignité qui relient les vies.

Et il a nommé l’érosion côtière, cette mer qui avance comme une bête lente, qui grignote les maisons, qui avale les souvenirs, qui menace les racines mêmes de la commune.

Dans ses mots, la mer n’était plus un phénomène naturel : elle devenait un rappel, une urgence, un appel à la responsabilité.

Un centre de santé : non pas un projet, mais une nécessité vitale

Quand il a parlé de santé, sa voix s’est faite plus grave. Mbao, avec ses plus de 150 000 habitants, ne peut plus se contenter de postes de santé saturés. Il a décrit la nécessité d’un centre de santé moderne, voire d’un hôpital de proximité, comme on décrit une évidence : un lieu où la douleur trouve réponse, où la vie trouve secours, où la commune retrouve souffle.

Les cimetières : l’ultime espace de fraternité

Il a rappelé que les cimetières ne sont pas des territoires administratifs, mais des territoires de mémoire, des lieux où les vivants se rassemblent autour de leurs morts.

Il a plaidé pour qu’ils soient ouverts à tous les habitants de Mbao, qu’ils viennent de Grand Mbao, Petit Mbao, Keur Mbaye Fall, ZAC Mbao. Et il a interrogé, avec une douceur incisive, la logique qui permet de déclasser la forêt pour certains projets, mais pas pour les besoins essentiels des populations locales.

Un appel à l’unité, comme une prière civique

Au‑delà des constats, son intervention ressemblait à une invocation d’unité, un appel à s’asseoir ensemble, à parler sans s’accuser, à construire sans se déchirer.

Dans ses mots, il y avait moins de colère que de lucidité, moins de reproche que de responsabilité, moins de politique que de poésie civique.

Et Mbao, en l’écoutant, semblait retenir son souffle, comme si la commune reconnaissait enfin, dans cette parole, le reflet de ses fatigues, et l’esquisse de son avenir.

Auteur : El Hadj Maodo Malick Diène

Publié : le 6 avril 2026

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