Bambilor : chronique d’un séisme moral… et l’urgence d’une renaissance
Il y a des informations qui choquent.
Et il y a celles qui ébranlent une conscience collective.
La condamnation annoncée du maire de Bambilor par le Tribunal de Grande Instance de Rufisque — pour escroquerie, faux en écriture publique, occupation illégale de terrains et dépassement de compétences — appartient à cette seconde catégorie.
Parce qu’ici, il ne s’agit pas seulement de justice.
Il s’agit de crédibilité politique.
Il s’agit de confiance publique brisée.
Il s’agit, au fond, d’une atteinte à l’âme même d’une commune.
Le doute, puis la lucidité
Ma première réaction fut le refus.
Refuser d’admettre qu’une telle situation puisse concerner Bambilor.
Mais très vite, une autre question s’impose :
Et si ce choc n’était que la conséquence d’un mal plus profond ?
Un mal fait de silences, de complaisances, de renoncements collectifs.
Car aucune dérive ne naît seule.
Elle prospère toujours dans un terrain fertile :
l’absence de vigilance citoyenne.
Une semaine, un avertissement… puis la réalité
Il y a quelques jours à peine, j’appelais les fils et filles de Bambilor à la responsabilité dans leurs choix politiques.
Aujourd’hui, cette actualité résonne comme une confirmation brutale :
les erreurs de choix finissent toujours par se payer.
Et souvent, c’est toute une communauté qui en assume les conséquences.
Un “ndeup” politique, au-delà du symbole
Le mot est fort. Mais la situation l’exige.
Bambilor a besoin d’un “ndeup” politique.
Non pas comme un slogan folklorique,
mais comme une exigence de refondation :
refonder la gouvernance locale,
restaurer la morale publique,
remettre l’intérêt général au centre des décisions.
Parce que ce qui est en jeu ici dépasse une personne.
C’est un système qu’il faut interroger.
Parole enracinée, parole libre
Je parle en connaissance de cause.
Pas en observateur extérieur.
Mais en fils de cette terre.
Aliou Ba.
Né à Mbeuth.
Fils de paysan et de bergère.
Éduqué dans les écoles de Bambilor, façonné par ses enseignants, témoin de ses mutations.
Du CEM Momar Sène au CEM Bambilor où j’ai eu l’honneur d’être le premier président du foyer socio-éducatif…
Mon lien avec Bambilor n’est pas politique. Il est existentiel.
C’est pourquoi ma parole est libre.
Et elle le restera.
Exiger des comptes : un devoir, pas une option
Aujourd’hui, une exigence s’impose :
que l’équipe municipale rende des comptes.
Pas demain. Pas dans des discours.
Mais maintenant, sur des faits :
Quel bilan réel pour Mbeuth ?
Quelles réalisations concrètes pour les villages ?
Quelles politiques pour la jeunesse ?
Quelle transparence dans la gestion foncière ?
Le temps de l’opacité doit prendre fin.
Jeunesse : sortir de la manipulation politique
Après plus de deux décennies dans le journalisme et l’observation politique, une vérité s’impose :
la jeunesse est trop souvent utilisée, rarement considérée.
On l’appelle pour :
défendre,
attaquer,
applaudir…
Mais jamais pour décider réellement.
Il est temps de rompre avec cela.
Refusez d’être les instruments d’ambitions personnelles.
Devenez les acteurs d’un projet collectif.
Ni ambition cachée, ni posture calculée
Qu’on soit clair :
Je ne cherche ni mandat, ni position.
Je revendique une seule chose :
ma liberté de ton.
Parce qu’une commune ne se construit pas avec des silences complices,
mais avec des voix courageuses.
La fracture… et le choix
Aujourd’hui, Bambilor est à la croisée des chemins.
Continuer dans les mêmes logiques,
avec les mêmes conséquences.
Ou ouvrir une nouvelle page,
fondée sur l’éthique, la compétence et la responsabilité.
Conclusion : laver l’affront, reconstruire l’espoir
Si les faits sont confirmés, alors oui :
il y a affront.
Mais un affront ne se subit pas.
Il se corrige.
Il se dépasse.
Il se transforme en électrochoc.
Bambilor doit se regarder en face.
Bambilor doit se relever.
Et cette fois… Bambilor doit choisir juste.
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