Commentaire du porte-parole du Bureau des droits de l’homme de l’ONU, Seif Magango, sur le refus des autorités maliennes d’autoriser les enquêteurs de l’ONU à se rendre à Moura. – Senpresse.net
Commentaire du porte-parole du Bureau des droits de l’homme de l’ONU, Seif Magango, sur le refus des autorités maliennes d’autoriser les enquêteurs de l’ONU à se rendre à Moura.

Commentaire du porte-parole du Bureau des droits de l’homme de l’ONU, Seif Magango, sur le refus des autorités maliennes d’autoriser les enquêteurs de l’ONU à se rendre à Moura.

GENÈVE (20 avril 2022)Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que les autorités maliennes n’ont toujours pas accordé aux enquêteurs des droits de l’homme des Nations Unies l’accès au village de Moura, dans la région centrale de Mopti, où les forces armées maliennes, accompagnées de personnel militaire étranger, auraient procédé à des exécutions sommaires et à de multiples autres violations graves des droits de l’homme lors d’une opération militaire il y a trois semaines.

 

Bien que le bilan exact ne soit pas clair, l’armée malienne a reconnu avoir tué 203 combattants de « groupes terroristes armés » et arrêté 51 personnes lors d’une opération militaire « de grande envergure » dans la région du 23 au 31 mars. Cependant, d’autres sources non confirmées suggèrent que ce nombre pourrait atteindre 500. Selon les informations préliminaires, la majorité des victimes étaient des civils. Outre les exécutions sommaires présumées, les forces de défense auraient également violé, pillé, et arrêté et détenu arbitrairement de nombreuses personnes au cours de l’opération militaire, parmi lesquelles de nombreux civils.

Nous notons que, selon un communiqué publié le 6 avril, les autorités maliennes de transition ont ouvert une enquête sur les incidents de Moura auprès du Tribunal militaire de Mopti. Nous demandons aux autorités de transition de veiller à ce que cette enquête soit menée en temps utile, de manière approfondie, indépendante et impartiale. Nous insistons également sur la nécessité pour les autorités de transition de permettre aux enquêteurs de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), qui ont demandé à accéder à la zone le 1er avril 2022, d’y accéder rapidement, en toute sécurité et sans entrave. Une enquête indépendante sur le terrain est essentielle, et le temps est compté pour garantir la responsabilisation et une justice rapide et efficace pour les victimes.

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