Scandale des passeports diplomatiques, un symbole qui entache la crédibilité de L’Etat (Par Aly Saleh) – Senpresse.net
Scandale des passeports diplomatiques, un symbole qui entache la crédibilité de L’Etat (Par Aly Saleh)

Scandale des passeports diplomatiques, un symbole qui entache la crédibilité de L’Etat (Par Aly Saleh)

Depuis quelques semaines, l’actualité est bousculée par le scandale de trafic de passeports diplomatiques. Une affaire d’autant plus inquiétante que des élus du peuple, notamment des députés de la majorité soient cités directement.
L’importance de ce document fait que cette histoire pourrait avoir des conséquences sur la diplomatie et la réputation du sénégalais à l’international.

Pourtant ce genre de scandale ne date pas d’aujourd’hui . L’on se rappelle en 2007, le Président Wade et son Premier Ministre de l’époque Moustapha Niasse s’accusaient mutuellement de trafic de passeport diplomatique.
Le premier nommé avait accusé le second d’avoir ouvert un bureau consulaire à Hong Kong pour vendre des passeports diplomatiques à des chinois et que l’argent n’avait jamais été reversé au trésor. le scandale avait explosé après la découverte dans la Seine en France, du corps d’une chinoise qui détenait un passeport diplomatique sénégalais.
Moustapha Niasse à son tour n’avait pas épargné Wade en l’accusant lui aussi d’avoir vendu 26 passeports diplomatiques à la famille de Jonas Savimbi (chef rebelle angolais décédé en 2002).
Et puis en 2015, Mankeur Ndiaye, ministère des Affaires étrangères avait signalé un lot de plus de 200 passeports diplomatiques déclarés perdus et 8 personnes avaient été mises aux arrêts. Et pourtant, à la tête de ce trafic, se trouvait le fils d’un célèbre chef religieux qui vendait à 4 millions de F Cfa le passeport.

La vérité que l’on refuse d’admettre est que la délivrance des passeports diplomatiques est minée par la fraude et le trafic au Sénégal.
Et ces épisodes qui se sont succédé, n’honorent pas notre nation.

Mais aussi, les infamies sont nombreuses: des détournements de plusieurs milliards de nos francs par-ci, des rapports de l’IGE et l’OFNAC classés sans suite par-là, ou encore combien de dossiers sous les coudes de qui vous savez, vous y ajouterez les cas de viol, d’inceste restés impunis et j’en passe..la liste est non exhaustive.
Les maifaits de la corruption placent le Sénégal dans la liste rouge du classement de la dernière enquête de transparency international.
Nous le savons tous, l’affaire des passeports diplomatiques qui défraie depuis plusieurs jours la chronique n’est qu’une goutte d’eau dans la mare.
Certes nous sommes toujours dans le respect de la principe de la présomption d’innocence mais nul n’ignore que le passeport est un instrument de souveraineté, un symbole de l’Etat et cela a été entaché et mis en cause aujourd’hui.
On n’a plus la culture de la sanction, oh quelle tristesse!
C’est l’impunité à tout va et ça gagne du terrain.
La crédibilité de l’Etat est entachée par cette affaire.
Et puis l’implication de deux gendarmes qui crée un différand entre la police entre la gendarmerie à propos de l’audit.
Le pv de l’enquête de la police aurait disparu sans laisser de trace.
Certaines pratiques doivent cesser.
De nos jours, le respect de la parole donnée et la sacralité des institutions sont malheureusement le parent pauvre au pays de Léopol Senghor.

Pour la route,
méditons ensemble cette citation du grand érudit Émir Abdel Kader: « Ce n’est pas par les hommes qu’on connaît la vérité, c’est par là vérité qu’on apprend à connaître les hommes. »
N’ayons pas honte de défendre uniquement la vérité au lieu de défendre les hommes, en cela, nous resterons quoi qu’il arrive conformes à l’idée qu’on se fait de la justice et de la morale !

Vive le Sénégal!

 

Aly Saleh Journaliste/ Chroniqueur

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